Montaigne texte

Commencer en chanson :

Parole de Avant L’exil :
Juste avant l’exil,
Juste avant l’exil,
On pose un dernier regard sur sa ville,
Les colliers de fleurs que les hommes enfilent
Et plus loin, sur le bord du quai,
Le secret que personne ne sait,
C’est qu’on est né ici
Et qu’on sait ce qu’on va laisser,
Alors on reste assis
Juste avant l’exil.
Ça semblait facile
De tout quitter.
On était le loup sans son collier,
L’arbre sans son espalierMais quand le sable a quitté le sablier,
Que le marbre et la pierre se sont brisés,
Que le chêne a fini quand même par retomber,
On se retrouve comme on est né
A nouveau dans un monde damnés,
A nouveau dans un monde damnés,
Sans rien ni personne pour nous aider.

Juste avant l’exil,
Juste avant l’exil,
Avant le dernier regard sur la ville,
Dans le bruit des trains qui défilent
Et là-bas, sur le bord du quai,
Comme la flamme d’un briquet,
Dans une main qui tremble,
Ce visage, on le connaît :
Il nous ressemble.
Juste avant l’exil,
Que cherche-t-il vers l’horizon ?
Le dessein dans la forme d’une maison
Ou peut-être la guérison

Paroles de la chanson Les voyages organisés :
REFRAIN :
Les voyages organisés
Certains pisse-froid vous expliqueront qui z’aiment pas ça
Mais ce ne sont que billevesées
Dans les voyages organisés on fait rien que s’amuser

On a fait l’Espagne on a fait l’Autriche
On a fait l’Afrique l’Asie la Martinique et le Chili
On a fait la Hollande et puis la Thaïlande
Pour six cent quatre-vingt francs en dix-huit jours tout compris
Quand on se promène moi j’aime pas que ça traîne
Avec le guide qu’on avait ça risquait pas je vous le dis
La première journée fut très vite bâclée
On a vu le matin Ivry le soir Le Caire et DjiboutiREFRAIN

Ce qui me turlupine c’est l’histoire des ruines
Avec l’argent des touristes y z’auraient pu rebâtir tout ça
Par contre je m’incline pour la discipline
Tous les jours églises photos musées miam-miam pipi dodo
Les plus grands loufoques c’est les amerloques
Y bouffent pas un spaghetti sans le tremper dans l’eau de javel
Ou je trouve qu’y fignolent c’est quand y picolent
Ils arrosent le calendo de fraise à l’eau les salauds

REFRAIN

Une petite critique moi je suis pas raciste
Mais on voit partout des noirs et des indiens en liberté
Et ce qui me dégoûte quand on demande sa route
C’est qui en a pas un qui veuille parler français y le font exprès
Mais j’ai pris de la graine pour l’année prochaine
Car finalement cette fois-ci j’ai jamais fait que dix-huit pays
Y a des mecs pleins de chance dans une autre agence
Qui ont eu le Portugal en plus pour le même prix tout compris

Lire la suite: http://www.greatsong.net/PAROLES-PIERRE-PERRET,LES-VOYAGES-ORGANISES,112294366.html

I. CONNAIS TOI TOI-MÊME

« On disait à Socrate que quelqu’un ne s’était aucunement amendé en son voyage : “Je crois bien, dit-il, il s’était emporté avec soi.”
“Pourquoi chercher des terres chauffées par un autre soleil ? Qui donc, exilé de sa patrie, se fuit aussi lui-même ?”
Si on ne se décharge premièrement et son âme, du faix qui la presse, le remuement la fera fouler davantage ; comme en un navire les charges empêchent moins, quand elles sont rassises ».

 Dès le début du texte il y a référence à l’histoire de la philosophie : Socrate. Référence nullement innocente. Socrate est celui qui n’a pas choisi l’exil à la suite de son procès mais qui est resté fidèle à lui-même et à Athènes. Il se serait trahi s’il était parti et il voulait ainsi montrer son engagement, sa conviction. Partir c’était lâche et en même temps, c’était trahir ses idées. Demeurer fidèle à soi c’était demeurer sur le sol d’Athènes, figure de la philosophie. En outre Socrate était réputé pour être celui qui n’avait jamais voyagé. Figure du courage, il préfère mourir que de partir. Il savait qu’on ne se sépare pas de soi. Dans ce passage, Montaigne prolonge les propos de Socrate.

1. « On disait donc à Socrate que quelqu’un… » : la présence du « on » et du « quelqu’un » donne à cette première phrase un style vague et imprécis. Peu importe en fait de connaître les protagonistes de cette histoire, seul Socrate importe, lui qui en philosophie fait autorité, même s’il n’a rien écrit. Il fait ici figure du sage qui a de l’expérience. Que dit Socrate ? Il répond à son interlocuteur qu’un voyage est illusoire parce que on ne se sépare jamais de soi-même. 

Si Montaigne cite Socrate, c’est aussi parce que ce dernier déclarait son non savoir et à la suite des propos du Temple de Delphes, « connais-toi toi-même », il privilégiait la connaissance de soi à toute érudition.

Sa réponse est sentencieuse, un brin énigmatique. Il affirme mais n’explique pas. Pour lui, le voyage serait une vaine séparation de soi. Mais il n’en dit pas plus C’est cette définition que va réexaminer ici Montaigne. D’où le « on » qui se répète : le on c’est l’opinion commune et Socrate y répond par une formule, une énigme que Montaigne va clarifier.

Montaigne réinvente un Socrate qui n’est pas celui de Platon.

2. La deuxième phrase n’a pas de réel sujet. Quelqu’un parle. Mais qui ? Socrate ? Montaigne ? L’interlocuteur anonyme ? Notons aussi l’emploi des images, et le convenu de la représentation du lieu du voyage. Représentation du paysage qui en oublie les hommes qui habitent ces pays. Le voyage ici n’est plus tentative vaine de fuite de soi mais voyage touristique qui n’a que faire de la connaissance d’autrui, et en particulier des us et coutumes des autres cultures.  Ce voyage n’est nullement fuite de soi mais figure de l’ethnocentrisme, fermeture à soi. Montaigne refute l’idée selon laquelle le voyage serait fuite de soi. Montaigne ou Socrate ? Le texte demeure ambigu.
3. La dernière question résout l’énigme de Socrate. Fuir sa patrie c’est l’emmener avec soi car nul n’échappe au regard ethnocentriste. Socrate pensait trahir Athènes en fuyant, il n’en est rien répond Montaigne, on ne peut pas se détacher aisément de ses us et coutumes. Le « connais toi toi même » se voit éclairci et corrigé. C’est parce qu’il savait la fuite vaine que Socrate est resté. Ainsi Montaigne lit-il l’acte de Socrate.
Les voyages apparaissent comme des voyages où on ne rencontre que son propre orgueil. Il suffit de se rappeler des « grandes découvertes » : 1492, Christophe Colomb découvre l’Amérique… D’où l’image du bateau qui risque de tanguer du fait du poids de l’âme des « découvreurs ». Le voyage entretient un rapport narcissique à soi-même.

Le Voyage du jeune Anacharsis en Grèce de l’abbé Barthélemy a largement contribué à populariser le concept de voyage de formation. La tradition est ancienne et remonte à une antiquité parée de tous les attraits du mythe par la postérité. La France du Moyen Âge vit se multiplier deux formes de périples accompagnant chacun un type de formation. Technique, avec les voyages des compagnons d’un chantier de cathédrale à celui d’un fort militaire. Intellectuelle, avec les pérégrinations d’étudiants au gré des formations dispensées par les différentes universités européennes dès le XIIIe siècle. On pourra à la suite de François Villon feuilleter maints recueils de chansons ou de poèmes faisant allusion à l’errance des clercs.Dès la Renaissance, une nouvelle philosophie du voyage se développe. La pensée humaniste confère au voyage et à l’expérience du monde qui s’y acquiert, une place centrale dans la formation générale de l’homme et non plus seulement dans son apprentissage strictement intellectuel et pratique. Suivent des relations de voyage à des fins pédagogiques. Elles expriment une tonalité nouvelle, sensible aux choses et faits du quotidien, et opèrent ainsi une mutation qui différencie le « voyage » de ce qui rélève du seul « déplacement ». Après Rabelais qui, dans Pantagruel, propose une vision entre l’ancienne itinérance étudiante et le voyage humaniste, les frères Platter offrent un des premiers documents imprimés sur les déplacements d’étudiants (Notes de voyages de deux étudiants bâlois).

Paul Verlaine - Les voyages forment la jeunesse

Ce texte engage donc une critique à l’encontre de ce type de voyage érudit, ce que reprendra Descartes au début du Discours de la méthode.

« Aux XVe et XVIe siècles, poursuivant une tradition séculaire de médecine dont le représentant le plus célèbre aussi bien en Orient qu’en Occident est Ibn Sinâ (Avicenne), une grande attention fut portée à la médecine, à l’hygiène et aux établissements à vocation préventive. Les savants de l’époque de Timour (m. 1405) et des Timourides (1405-1506) écrivirent de nombreux ouvrages majeurs dans la plupart des domaines scientifiques, la médecine conservant une place singulière. »
Extrait de La médecine aux XVe et XVIe siècles dans le Mavarannahr et le Khorassan Dilorom YusupovaTraduction de Alié Akimova
Publication de l’Institut Français d’Études sur l’Asie centrale, les Cahiers d’Asie centrale 

Seconde partie – Les illusions des hommes

II. NOUS NE SOMMES PAS LIBRES mais croyons l’être.

« Vous faites plus de mal que de bien au malade, de lui faire changer de place. Vous ensachez le mal en le remuant, comme les pals s’enfoncent plus avant et s’affermissent en les branlant et secouant. Par quoi ce n’est pas assez de s’être écarté du peuple ; ce n’est pas assez de changer de place, il se faut écarter des conditions populaires qui sont en nous ; il se faut séquestrer et ravoir de soi.
“J’ai rompu mes liens, dirais-tu : oui, comme le chien brise sa chaîne après maints efforts ; cependant, en fuyant, il en traîne un long bout à son cou.”
Nous emportons nos fers quant et nous : ce n’est pas une entière liberté, nous tournons encore la vue vers ce que nous avons laissé, nous en avons la fantaisie pleine. »

Un malade doit rester immobile. Métaphore qui désigne l’homme passionné, c’est-à-dire tous les hommes.. Personne n’est en effet à l’abri des passions présentées dans le premier moment par Montaigne. Les hommes sont orgueilleux et présomptueux. Leur âme est malade mais ils ne veulent pas l’accepter. Ils se jugent supérieurs aux autres et en particulier aux autres  peuples, et au peuple de leur propre contrée.. Les nobles en particulier pensent que la noblesse est héréditaire et que l’esprit du peuple leur est impossible. La vraie noblesse est ailleurs répond Montaigne. Ainsi le « populaire » est d’abord un état d’esprit avant que d’être une réalité sociale. La réflexion n’est pas d’ordre héréditaire.En outre la référence aux « pals » montre que la source du mal vient des pieux qu’on met en terre pour marquer « ce qui est à moi », donc de la propriété privée, et de la cruauté , l’esprit de mal qui habite les hommes, le pal étant aussi un instrument de supplice, utilisé au moment des grandes découvertes. Finalement, s’il y a découverte, c’est plutôt celle de la cruauté humaine.Le goût pour la propriété issu de l’amour-propre (comme « propriété ») pousse les hommes à toutes les extrémités, dont la barbarie. Actualité du texte de Montaigne….

La seule appropriation qui soit légitime est celle de soi-même. Ne pas s’appartenir, être étranger à soi-même, c’est la figure de la folie. Folie des Conquistadors, folie de l’homme livré à sa propre suffisance.

C’est pourquoi Montaigne insiste en disant que les voyages ne nous apprennent finalement rien, tant que notre esprit ne s’est pas libéré de ses préjugés.

La vraie solitude ou le scepticisme

III. APPRENDRE LA SOLITUDE, ou le scepticisme.

“Si le coeur n’a pas été purgé de ces vices, quels combats et quels dangers nous faut-il affronter, nous qui sommes insatiables. Quels soucis pénétrants déchirent l’homme tourmenté par la passion. Que de craintes. Combien de catastrophes entraînent l’orgueil, la luxure, la colère. Combien aussi, l’amour du luxe et l’oisiveté” “ Elle est en faute, l’âme qui n’échappe jamais à elle-même. ”
Notre mal nous tient en l’âme : or elle ne se peut échapper à elle-même, ainsi il la faut ramener et retirer en soi : c’est la vraie solitude, et qui se peut jouir au milieu des villes et des cours des rois ; mais elle se jouit plus commodément à part. Or, puisque nous entreprenons de vivre soûls et de nous passer de compagnie, faisons que notre contentement dépende de nous ; déprenons-nous de toutes les liaisons qui nous attachent à autrui, gagnons sur nous de pouvoir à bon escient vivre seuls et y vivre à notre aise. »

La solitude se conquiert. Paradoxe ? Oui si on considère que c’est un état dû à l’absence des autres. Bien souvent on confond solitude et isolement, solitude et abandon. Dans ce dernier moment, le « nous » devient omniprésent, incluant Montaigne. Lui aussi est un homme nullement à l’abri des passions communes aux autres hommes. Ce qu’il écrit vaut pour tous.

L’homme est naturellement guidé par son amour-propre. Il doit en être purgé dit le texte. On retrouve la métaphore médicale précédente. Les hommes sont malades. Le terme est fort, Ils ne pensent qu’au moyen de se satisfaire, à leurs risques et périls. Le mal est profond et on peut lire là un certain pessimisme de Montaigne. Cependant le remède est de se séparer de soi, de se détacher de ses passions, de prendre du recul. Ce n’est pas en se séparant des autres qu’on sera à l’abri des idées fausses, des préjugés, mais c’est d’abord en ne se fiant pas à soi, en se méfiant, en doutant… en étant sceptique. 

Ce travail de détachement de soi sera d’autant plus simple que l’on se tiendra à l’écart des autres, mais cette seconde solitude est bien moins importante que la première, la vraie, comme l’écrit Montaigne.

Ainsi pourra-t-on s’ouvrir ensuite à une vraie compréhension d’autrui en se connaissant d’abord soi-même.

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